9 décembre 1981
Déclaration de l'Assemblée des évêques du Québec


Un appel en faveur de la vie


1. On trouve maintenant un peu partout sur le territoire du Québec des cliniques de planification familiale qui offrent l'avortement. Malgré les résistances de divers milieux, les objections de conscience d'une proportion respectable des travailleurs du milieu hospitalier, malgré l'opinion contraire d'une grande partie de la population, le ministère des Affaires sociales du Québec a décidé d'offrir ce service public et de mettre en place le plan qu'il avait conçu pour faciliter l'accès à l'avortement.

Il y a déjà trois ans, dans une lettre adressée à M. le Premier Ministre et rendue publique le 29 juin 1978, comme évêques du Québec, nous avons cru devoir protester contre cette mesure qui détruit la vie. De nouveau, nous voulons dire, en tout respect, à nos gouvernants qu'ils font fausse route. Nous voulons aussi soutenir l'action de ceux qui combattent ce fléau social et encourager la résistance des personnes qui refusent de coopérer à des prescriptions opposées à leurs convictions morales. Surtout nous voulons dire, d'une façon particulière, aux femmes qui font face à une naissance non désirée, que malgré la souffrance qu'elles vivent, l'avortement n'est pas une bonne solution, et encore moins la solution. Enfin, nous affirmons que toute la population, à des degrés divers et selon des modalités différentes, porte la responsabilité des situations douloureuses vécues chez nous. Il s'ensuit que nous devons tous participer activement à la recherche de solutions humaines positives et respectueuses du droit à la vie.


Une option pour la vie

3. On ne peut dissocier l'avortement des autres éléments qui constituent notre philosophie de la vie. Toute question touchant la vie humaine est d'abord une affaire de cœur, d'intelligence, de valeurs spirituelles et morales. L'avortement, lié de si près à la vie, n'est pas d'abord un problème d'ordre médical, encore moins d'ordre légal mais bien une question qui englobe toute la vie humaine. Au même titre que l'euthanasie, le suicide et l'infanticide, l'avortement est une atteinte à la vie. Il est un mal en soi. Aucune loi humaine ne peut en faire un bien, ni pour l'individu, ni pour la société. Aucun pouvoir humain ne peut, moralement, instituer un quelconque droit à l'avortement.

4. D'ailleurs le sens commun ne s'y trompe pas: le fruit de la conception, c'est un être humain. Le serment que les médecins ont rédigé à Genève en 1948, après les horreurs de la seconde guerre mondiale, l'atteste également: «Je favoriserai le plus grand respect de la vie humaine à partir du moment de la conception».

5. Notre société occidentale a développé une mentalité «anti-vie». Notre désir effréné de consommation nous fait craindre d'être bientôt obligés de partager vraiment, avec d'autres, les ressources de notre planète. Nous sommes ainsi conduits à imposer notre mentalité «anti-vie» aux populations qui, plus respectueuses de la vie, menacent notre confort par leur nombre toujours croissant.


II- La vie et sa qualité: une affaire de bien commun et de droits de la personne

6. Le rôle de nos gouvernements est d'autant plus important en ce domaine que l'État, responsable du bien commun, devient un moteur de plus en plus puissant dans notre société. Il agit comme le promoteur de justes causes, il réprime et punit des contrevenants. Il fait des efforts - toujours à même les fonds publics et c'est normal - pour améliorer la qualité de la vie de la population. Actuellement, nous sommes témoins des mesures prises pour assurer la protection de la santé physique des individus, et donc de la société, en matière d'alimentation, d'exercices physiques, d'antitabagisme, etc. Les mêmes autorités imposent à juste titre des contraintes à l'industrie pour protéger la santé des travailleurs (pollution de l'air, bruit excessif, machinerie dangereuse) et pour assainir l'environnement (enfouissement des ordures domestiques, assainissement des cours d'eau, etc.).
7. Toutes ces initiatives nous amènent à penser que la vie et sa qualité ne sont pas seulement une affaire privée, mais concernent également le bien commun, aussi bien à l'origine de la vie que durant son développement intra-utérin et après la naissance d'un être humain. Il en est de même des conséquences morales et des comportements qui en découlent: ils ne relèvent pas uniquement de la responsabilité individuelle mais aussi de la conscience collective. Le projet de société qu'un peuple se donne ne peut absolument pas faire abstraction de ces exigences, surtout à une époque où on voudrait tant voir se développer la conscience sociale, la solidarité dans l'appartenance à une communauté humaine.
8. Cette conviction est partagée, croyons-nous, par une majorité de nos concitoyens sans distinction de confessions religieuses. Les gouvernants ont la responsabilité, non pas de faciliter la mort d'un enfant à naître, mais de lui assurer toute la protection qui lui est due. C'est un devoir d'autant plus pressant que cet enfant est innocent et sans aucune défense.
9. Les pouvoirs publics savent bien qu'ils ont des responsabilités envers les individus, eux qui promulguent des chartes pour les consommateurs, les travailleurs, les handicapés, le troisième âge, eux qui souscrivent avec enthousiasme aux grandes déclarations des droits de la personne et condamnent avec une juste indignation les violations de ces droits. Qu'on nous permette de redire avec force que la protection de l'enfant à naître, qu'il soit à 4, 12, 20 ou 35 semaines de sa conception, fait partie intégrante des droits de la personne.
10. Le problème n'est-il pas mal posé? Invoquer un conflit entre les droits d'un enfant à naître et les droits de sa mère, c'est détourner l'attention de l'élément essentiel du problème: le droit à la vie. Prétendre protéger les droits de celle-ci au détriment irrémédiable des droits de celui-là est une fausse solution. Ce sont les droits des deux qu'il faut protéger en les aidant tous les deux à vivre.
Certes, il faut, par tous les efforts possibles, aider les femmes qu'une grossesse non désirée entraîne dans une profonde détresse physique et morale. Cependant, il est erroné de soutenir que l'enfant à naître soit un intrus, un agresseur et la cause de toutes les angoisses de celle qui le porte. Est-il besoin de le redire: le fait qu'il soit sans défense n'autorise pas à le supprimer. Loin de faciliter l'élimination définitive d'un «gêneur» qui, pourtant, n'a rien demandé, l'État doit plutôt assurer une protection spéciale à ce démuni au même titre qu'il doit favoriser des politiques d'aide véritable aux femmes tentées de recourir à l'avortement.


III- L'avortement et les travailleurs de la santé

11. La pratique actuelle concerne d'autres individus comme les travailleurs de la santé: personnel hospitalier, travailleurs sociaux, infirmières, médecins dont l'emploi exige la collaboration à des actes incompatibles avec leur conscience professionnelle et leurs convictions morales ou religieuses.
12. A l'heure où notre code du travail reconnaît aux individus le droit de refuser une tâche qu'ils jugent dangereuse pour leur santé, on doit également leur reconnaître le droit de ne pas participer à la pratique de l'avortement. Ils doivent pouvoir le faire sans subir de préjudices quant à la sécurité de leur emploi et au cheminement de leur carrière.
Des témoignages nous parviennent démontrant que tel n'est pas toujours le cas et l'expérience nous prouve que des travailleurs de la santé sont obligés de collaborer à des avortements, même contre leur conscience. L'objection de conscience fait pourtant partie de ces droits de la personne auxquels notre société applaudit fortement. Un travailleur de la santé devrait se sentir tout à fait libre de refuser de participer à la suppression d'une vie dans un milieu consacré à sauver des vies.


IV - Un appel à toute la population

13. C'est toute la population qui est engagée dans ce débat. Nous devons tous affermir nos convictions, prendre des positions claires sur les problèmes à résoudre. Nous avons tous la responsabilité de promouvoir le respect de la vie et de développer des attitudes d'accueil devant une nouvelle naissance aussi bien qu'à l'égard des personnes en difficulté.

14. Il faut le répéter: l'avortement ne sera jamais une réponse au problème. Car recourir à l'avortement signifie: éviter la recherche de conditions sociales plus favorables à la vie, reculer les échéances et retarder la solution des problèmes plus profonds soit d'ordre individuel ou familial, soit d'ordre financier ou social. Favoriser l'avortement, c'est finalement choisir la facilité et rendre un mauvais service à tout le monde, particulièrement à la femme enceinte.

15. Nous voulons nous prémunir, tous, contre le danger de banaliser l'avortement, d'en arriver à penser et à dire, devant l'augmentation du nombre et la facilité de l'obtenir, que cette décision n'est pas plus mauvaise qu'une autre. D'ailleurs les partisans de l'avortement connaissent bien cette tactique; ils souhaitent à tout prix dédramatiser cette action, lui enlever sa force émotive; ils n'utilisent même plus le mot. On lui substitue l'expression «interruption volontaire de la grossesse», d'où le sigle I.V.G.

16. On rencontre aussi chez les défenseurs de l'avortement, même s'ils sont de bonne foi, des arguments comme celui-ci: «II ne faut pas laisser l'avortement aux mains des charlatans». L'objection est apparemment séduisante, mais ne recouvre-t-elle pas un sophisme? Qu'il soit pratiqué dans la salle d'opération d'un centre hospitalier, dans une clinique plus ou moins reconnue ou dans un domicile privé, l'avortement ne change pas de nature. Il n'est pas moins grave puisqu'il demeure une atteinte directe à la vie d'un être humain. Sa malice ne devient pas bonté selon que les frais en sont assumés ou non par les services publics. De toute façon, l'avortement crie notre incapacité d'accueillir la vie.


Avortement et condition féminine

17. Quoi qu'on prétende en certains milieux, la pratique de l'avortement ne nous apparaît pas liée à l'évolution et à l'amélioration de la condition féminine, encore moins à la libération de la femme. Il est grave, en soi et en face des sensibilités actuelles, de présenter la libéralisation de l'avortement comme un moyen de rendre meilleur le sort réservé aux femmes. Une fausse conception de la condition féminine lie avortement et libération de la femme. La libération physique et morale de la femme doit se réaliser, mais elle ne sera ni réelle ni authentique si on l'obtient au détriment d'un autre être humain: l'enfant à naître.
18. Un des grands défis de notre société sera de promouvoir l'égalité, de droit et de fait, des hommes et des femmes. Mais quelle justice sera faite aux femmes si elle doit se réaliser aux dépens d'une autre personne? La justice ne peut être le fruit ni de l'oppression ni de l'injustice. Si l'on affirme que «la femme a droit sur son corps», il faut affirmer en même temps que l'enfant à naître a également droit à la vie. Cet enfant à naître n'est pas un morceau du corps de sa mère: il est un être humain tout à fait distinct d'elle, qui a son autonomie génétique, même s'il dépend de sa mère pour sa nourriture et son habitat.
19. D'ailleurs, un nombre de plus en plus grand de femmes prennent conscience que la pseudo-libération ou libéralisation sexuelle se fait à leur détriment. Elles sont encore à peu près les seuls sujets d'expérience de la recherche en matière de contraception, elles seules subissent les inconvénients sérieux des moyens chimiques et mécaniques des méthodes contraceptives. Et elles sont seules, la plupart du temps, à supporter les difficultés dont on voudrait que la solution soit l'avortement sans qu'on se préoccupe des traumatismes physiques et psychologiques qu'elles ont à subir. La solution de l'avortement force la femme à en assumer encore les conséquences, tandis que son partenaire peut se réfugier dans une facile irresponsabilité.


Éducation sexuelle

20. Il nous semble qu'un effort considérable doit être fait pour éduquer jeunes gens et jeunes filles à la responsabilité dans leur comportement sexuel. Ce sujet fait partie de l'éducation aux valeurs, nouvelles et anciennes, dont la famille et l'école ne peuvent se désintéresser si nous voulons bâtir une société solide, capable de résister à toutes les secousses. C'est dans ce cadre que doit se situer l'éducation sexuelle. Plus qu'une simple transmission de connaissances, elle se caractérise par la référence à un ensemble de valeurs sans lesquelles il ne peut être question de comportements sexuels responsables.
21. Sur le plan de l'éducation à une vie sexuelle intégrée et responsable, nous croyons que les divers organismes gouvernementaux et les milieux de santé en général devraient encourager la promotion du planning familial naturel. Ces approches se présentent aujourd'hui comme aussi efficaces que les moyens artificiels de contrôle des naissances. Mais il y a plus important que le point de vue de l'efficacité reconnue: nous retrouvons chez les couples et les femmes qui vivent selon ces orientations, et qui en font la promotion, un souci évident de développement humain.
En effet, l'intégration des exigences du corps fait prendre conscience de sa propre personne, de l'autre, et de la place de l'être humain dans l'environnement. D'un point de vue écologique, si justement répandu de nos jours, le planning familial naturel compte parmi les démarches qui, dans un esprit de prévention, s'opposent au recours abusif de moyens étrangers dans des organismes en santé. Nous savons que les jeunes couples en particulier sont de plus en plus sensibles à cette façon de voir les choses. Il y a là un signe d'espoir pour l'avenir.
22. A ce sujet, les hommes doivent se rappeler que l'avortement n'est pas un problème uniquement pour la femme. C'est le couple qui est en cause et l'homme fait trop souvent preuve d'égoïsme et d'irresponsabilité, tant dans son approche de la femme que dans ses exigences et ses comportements. Les initiatives qu'il prend en matière de relations sexuelles, lorsqu'elles ne sont inspirées que par la satisfaction de ses impulsions, le conduisent presque inévitablement à se désintéresser des conséquences de ses actes et à laisser sa compagne se débrouiller seule avec une grossesse non désirée. Un tel comportement, déjà source d'indignation, amorce une chaîne d'injustices.


Des mesures sociales concrètes

23. Mais au-delà des comportements individuels, il faut revenir à notre projet de société. Notre gouvernement doit prendre conscience qu'un projet de société, ça se réalise avec une population qui se renouvelle. Or, on sait qu'avec le taux actuel des naissances, tel n'est pas le cas au Québec. Il y a de quoi douter du sérieux de notre projet de société.

24. Assurément, moins de couples seraient tentés de recourir à l'avortement si des programmes d'habitation étaient pensés davantage pour les familles que pour les couples ou les célibataires. On le fait pour les vieillards, et il faut s'en réjouir; pourquoi n'essaierait-on pas d'aider les jeunes parents à accueillir la vie d'un nouveau-né? Heureusement une loi récente tente de corriger cette situation et facilite l'accès à la propriété. C'est, semblent-il, un pas dans la bonne direction.

25. Dans la même ligne d'action, et malgré les inconvénients de  tels régimes, il faut poursuivre l'amélioration des congés de maternité et la mise en place des services de garderie. Plus encore, nous sommes conviés à un effort de créativité pour réussir la délicate harmonisation des tâches professionnelles et des responsabilités familiales, défi qui concerne autant l'homme que la femme à l'intérieur du foyer. Gouvernants, syndiqués et .employeurs ont encore beaucoup à faire pour trouver - non des palliatifs - mais les vraies solutions aux nouveaux problèmes créés, pour les époux et les enfants, par l'entrée légitime de la femme sur le marché du travail.

L'acceptation du travail à temps partiel, par exemple, serait de la part des employeurs (gouvernements compris) et des syndicats une façon très concrète de rendre plus facile l'accueil de nouvelles vies.

26. Ces programmes exigeront plus d'imagination créatrice et coûteront plus cher que la mise en branle et le maintien des cliniques d'avortement. La population ne doit cependant pas craindre d'accorder son appui à toute mesure d'ordre public qui améliore les conditions actuelles d'accueil à la vie et qui assure une meilleure répartition des richesses de notre pays.


Accueillir les femmes en difficulté

27. Il se rencontrera toujours des femmes en difficulté devant une grossesse. Jamais les grandes mesures sociales ne remplaceront le service personnel auprès de celles à qui on présente l'avortement comme la solution. A ce propos, nous invitons instamment toutes nos communautés, paroissiales et autres, tous les chrétiens, tous nos concitoyens, à ouvrir leur cœur et à prodiguer les trésors de leur bienveillante sollicitude à ces femmes qui la plupart du temps sont seules et désemparées. Les statistiques de 1979 nous indiquent, en effet, que 64% des avortements au Québec ont été pratiqués sur des célibataires, et que 20 000 des 65 000 femmes qui, au Canada, ont subi un tel avortement «légal» étaient âgées de moins de vingt ans. Un peu de prévenance affectueuse, une oreille attentive et sympathique, quelques secours spirituels et matériels, voilà tout ce qui, parfois, est nécessaire non seulement pour sauver la vie d'un enfant, mais pour aider une femme à transformer un événement qu'elle considère comme une épreuve en une étape positive de sa vie.

Nous sommes persuadés qu'un très grand nombre de femmes seraient prêtes à mener à terme leur grossesse si elles recevaient de leur entourage un minimum d'encouragement et d'aide tangible; par exemple, si on leur offrait de l'aide pour rendre leur enfant à terme, pour en prendre soin ou pour lui trouver des parents adoptifs si elles le préfèrent.

28. Certains téléromans et diverses réflexions véhiculés par les médias donnent de la venue d'un nouvel enfant dans une famille, une image qui ne favorise pas l'accueil à la vie. II ne s'agit pas d'être des natalistes à tout prix et sans discernement; mais il s'agit au moins d'être vrais et positifs devant la vie. Or, le don de la vie n'est pas une catastrophe pour un peuple, ni pour une famille; il est un signe de santé et d'avenir et la manifestation d'une grandeur d'âme certaine. Par contre, refuser la vie au point où un peuple ne se renouvelle même plus, c'est accepter de se vouer à la décrépitude et, pour les croyants, c'est nier dans la pratique que la vie est un don de Dieu.


Conclusion

Disciples de Jésus: option en faveur de la vie

29. Ce message ne veut en aucune façon se prononcer sur la moralité subjective des personnes en cause. Qui peut juger ses frères et ses sœurs? Nous continuons cependant de dire qu'objectivement l'avortement direct est un grand mal, réprouvé par la loi divine elle-même. Ce message est un pressant appel en faveur de la vie, en faveur de celles qui sont aux prises avec une grossesse qu'elles ne désirent pas, un appel lancé à toute notre société qui, soumise au matérialisme ambiant, ne voit plus où se trouve la vie et se montre sans espérance devant l'avenir.

30. Plus encore, nous tenons à faire prendre conscience à nos lecteurs que notre option prend ses racines dans une tradition qui est peut-être la plus forte et la plus consistante de l'histoire de l'humanité, la tradition judéo-chrétienne. La vie y figure parmi les valeurs essentielles à défendre. Le «Tu ne tueras pas» évoque, au premier chef, un Dieu créateur, donneur de vie, qui aime chacun d'un amour unique et qui nous invite à en faire autant. Le respect et l'amour de la vie sont demeurés des valeurs à promouvoir dans toute l'histoire du peuple de l'Ancienne Alliance.

31. Quand arrive Jésus, il reprend cet enseignement et il l'explicite d'une façon pressante en faveur des pauvres, des petits, des démunis de toutes sortes. L'enfant à naître, menacé par l'avortement, est l'un de ces petits; la femme à qui on présente l'avortement comme une solution est l'une de ces personnes en difficulté à qui nous devons porter secours. On comprendra que, disciples de Jésus, nous ne pouvons être qu'en faveur de la vie.

32. Ce plaidoyer, nous le présentons d'abord comme citoyens, parce que nous sommes partie prenante de ce qui se passe au Québec. Nous formulons aussi cet appel à titre d'évêques, parce que notre mission de pasteurs nous incite à être attentifs aux projets et aux problèmes de la population pour rappeler à celle-ci l'espérance de l'Évangile mais aussi ses exigences.


L'ASSEMBLÉE DES ÉVÊQUES DU QUÉBEC
Montréal, 9 décembre 1981