AECQ : Programme ECR

Programme d'éthique et de culture religieuse:
l'Assemblée des évêques adopte une attitude critique et vigilante

Communiqué de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec
17 mars 2008

Montréal, le 17 mars 2008.  Après la déconfessionnalisation des commissions scolaires et des écoles publiques, l’enseignement religieux confessionnel scolaire a été aboli avec la loi 95, adoptée en juillet 2005. Le gouvernement a plutôt choisi d’implanter dès l’automne 2008 un Programme d’éthique et de culture religieuse, obligatoire pour toute la durée du primaire et du secondaire tant à l’école publique qu’à l’école privée à partir de septembre prochain.

La décision gouvernementale concernant ce programme étant prise, l'Assemblée des évêques catholiques du Québec ne peut que donner une opinion à son sujet. Pour le moment, les évêques ont choisi de maintenir une attitude critique et vigilante.

Soulignant d’abord que l’école ne sera plus le lieu d’un enseignement religieux confessionnel, les évêques rappellent qu’il faudra dorénavant compter sur la paroisse et la famille pour favoriser des cheminements de foi. À cet effet, les diocèses du Québec ont entrepris depuis quelques années d’établir des parcours catéchétiques dans les paroisses afin d'assurer aux enfants une formation à la vie chrétienne cohérente, en lien avec les familles et les communautés paroissiales. Les parents pourront ainsi assurer à leurs enfants une possibilité de cheminement moral et religieux conforme à leurs convictions.

Des aspects positifs …

Regrettant la disparition du régime d’option, les évêques reconnaissent que la contribution éducative attendue de ce programme se situe principalement sur le plan de la citoyenneté : «la reconnaissance de l’autre et la poursuite du bien commun». Il s’agit d’apprendre à vivre ensemble dans une société pluraliste. Ils souscrivent à cet objectif et invitent la population catholique à en reconnaître la pertinence. Par ailleurs, l’ensemble des élèves sera initié à une compréhension positive du phénomène religieux, notamment des traditions catholique et protestante. On pourra ainsi éviter la perte de toute mémoire chrétienne parmi les générations montantes.

... mais des questions préoccupantes

Ce programme soulève cependant des questions préoccupantes : par exemple, dans le domaine de l’éthique on trouve peu de repères significatifs au-delà de ceux qui touchent le vivre ensemble; l’approche socioculturelle du phénomène religieux pourrait conduire à une vision réductrice de l’expérience croyante; il n’est pas possible de prévoir l’effet qu’aura sur les élèves, particulièrement ceux du primaire, l’exposition à la diversité des points de vue éthique et religieux.

Les évêques soulignent qu’il est difficile de répondre à ces questions dans l’abstrait. C’est à l’expérience qu’on pourra juger si les avantages du programme l’emportent sur ses limites et si son application sera cohérente avec les bonnes intentions qui y sont énoncées.

Un suivi rigoureux

C’est pourquoi ils insistent sur les conditions d’implantation du programme, notamment sur le défi considérable que représente la formation des maîtres. Ils demandent qu’un suivi rigoureux soit apporté pour effectuer les correctifs nécessaires au fur et à mesure de l’implantation. En outre, une évaluation systématique devrait être faite après une période de trois à cinq ans. En cas de malaises trop prononcés, il faudrait être prêt à reconsidérer la possibilité d’offrir une option. La Loi de l’instruction publique (art. 222) prévoit aussi la possibilité d’un recours à l’exemption : il s’agit toutefois d’un ultime recours, à utiliser avec circonspection.

Les évêques se sont expliqué plus en détail sur le programme dans une lettre à la ministre, qu’on peut consulter sur le site Internet : www.eveques.qc.ca

Pour leur part, ils entendent demeurer attentifs à l’impact du nouveau programme sur les jeunes en suivant de près son implantation en lien avec les diocèses. Un changement de cette ampleur constitue un défi considérable. Ils souhaitent que nous puissions le relever collectivement dans un esprit de prudence et de responsabilité, en poursuivant le dialogue entre tous les partenaires concernés.

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Renseignements : Rolande Parrot
(514) 274-4323