AECQ : Réactions Rapp B-T

Rapport Bouchard-Taylor
Le catholicisme dans la société québécoise

Communiqué de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec

Montréal, le 3 juin 2008. - Le Rapport de la Commission Bouchard-Taylor constitue une réflexion profonde sur l’ensemble des faits qui ont conduit à la « crise » des accommodements raisonnables. On se demande cependant s’il n’a pas laissé échapper une partie importante de la réalité en abordant la question religieuse sans tenir compte du rôle particulier joué par le catholicisme dans le passé et le présent du Québec.

Selon Mgr Martin Veillette, président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, «  le rôle positif des religions dans la construction du bien commun de la société n’est pas assez reconnu ». Ceci est particulièrement vrai du catholicisme qui a profondément marqué l’identité canadienne-française depuis 400 ans et qui continue de la marquer. Même si plusieurs Québécois ont délaissé la pratique religieuse et ont pris une distance face à certaines normes de l’Église, la plupart continuent de s’identifier comme catholiques lors des recensements et font appel à l’Église pour les grands moments de l’existence. De façon peut-être parfois malhabile, plusieurs intervenants ont manifesté leur attachement à la foi catholique lors des audiences de la Commission. Il nous semble que la Commission n’y fait pas assez écho. Dans son Rapport, le catholicisme est traité comme une réalité du passé dont la collectivité se méfierait presque unanimement.

Les Commissaires ont clairement opté pour une approche des accommodements qui soit gérée dans le cadre du dialogue, de la compréhension réciproque et du compromis pour en arriver à un meilleur vivre ensemble. Pour le président, cela va dans la droite ligne de l’argumentation de notre mémoire sur le « devoir de dialogue ». Le Rapport fait aussi bonne place à l’accueil de l’immigrant que les évêques présentaient comme un « devoir d’humanité et de foi ».  Les paroisses, leurs mouvements et associations, sont des espaces d’intégration et d’interculturalisme. Plus encore, les institutions des grandes religions ont des œuvres sociales d’accueil et d’intégration des immigrants.

La conception de la « laïcité ouverte » privilégiée par les commissaires reconnaît aux croyants des diverses religions leur droit à s’exprimer comme tels dans l’espace public. Cela rejoint une préoccupation que nous exprimions en insistant plus explicitement sur l’apport des groupes religieux à l’édification du bien commun et l’importance de les considérer comme des partenaires valables pour discuter des enjeux sociaux.

Dans une perspective d’avenir,  « il faut mettre de l’avant la construction d’un nous global, celui d’une société qui doit intégrer toutes les richesses de ses composantes, en fidélité à son histoire propre et dans l’ouverture à ceux qui viennent la rejoindre. Plongeant ses racines dans un passé qu’il ne saurait nier, ce nous est tourné vers l’avenir et se transforme constamment à travers le dialogue démocratique et la mise en place d’un projet de société. » Cette conclusion de notre mémoire rejoint d’emblée, souligne Mgr Veillette, l’objectif d’interculturalité mis de l’avant par les Commissaires, objectif que nous partageons volontiers.

Renseignements :
À Montréal :                Rolande Parrot 514 274-4323
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