AECQ : Avancer au large : réflexion sur l'animation missionnaire

Avancer au large : réflexion sur l'animation missionnaire

Le Comité des missions Avance au large
de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec
15 mai 2001

Membres

Mgr Gilles Lussier, président
Mgr Vincent Cadieux, omi
Mgr Laurent Noël
Mgr Jude Saint-Antoine

Collaborateurs et collaboratrices

Mgr Pierre Blanchard
Sr Évangéline Plamondon, mic
M. Bertrand Roy, pmé
Mme Clairette Garant, secrétaire

Collaboration spéciale

Sr Murielle Dubé, mic

Révision

Mme Rolande Parrot
Secrétariat de l'AECQ

Cette publication bénéficie des subventions de la Fondation Internationale Roncalli et de L'Oeuvre pontificale de la propagation de la foi Missio Canada.

Table

Présentation

1 La Bonne Nouvelle, un don à partager

2 L'annonce de l'Évangile et la pratique de la solidarité et de la justice

3 Une même mission, ici et ailleurs

4 De nouveaux acteurs de la mission

5 L'animation missionnaire, un élément clé de la pastorale

Conclusion

Annexes

I L'Église et la mission - Lettre encyclique Redemptoris missio

II Bilan de la consultation sur l'animation missionnaire

Liens

Présentation

Le temps du Jubilé
encourage la communauté chrétienne
à élargir son regard de foi vers des horizons nouveaux
pour l'annonce du Règne de Dieu.

Au cours du grand Jubilé, nous avons vécu un temps fort de renouveau de la mission évangélisatrice de l'Église. Les chrétiennes et les chrétiens de toutes conditions et de toutes nations ont proclamé leur foi en Jésus, Bonne Nouvelle pour l'humanité entière. À l'aube du troisième millénaire, ils ont pressenti des horizons nouveaux ouverts à l'annonce du Règne de Dieu. L'invitation se fait pressante : il faut élargir le regard, « avancer au large ».

Cette réflexion sur l'animation missionnaire s'inscrit dans cette démarche. Elle est alimentée par les plus récents documents pontificaux et, en particulier, elle s'inspire de l'encyclique de Jean-Paul II Redemptoris Missio, sur la valeur permanente du précepte missionnaire. On trouvera en annexe une grille de lecture pour en faciliter l'appropriation.

Afin de promouvoir et de soutenir l'engagement des Églises diocésaines dans la mission universelle, l'Assemblée des évêques catholiques du Québec s'est dotée d'un comité des Missions. Dès le début de ses activités, le comité a porté son attention sur l'avenir de l'animation missionnaire dans les communautés chrétiennes. L'animation missionnaire poursuit plusieurs objectifs : l'information et la formation du peuple de Dieu en ce qui concerne la mission universelle de l'Église; l'éveil et la promotion des vocations missionnaires; la coopération à l'évangélisation entre Églises soeurs par la prière, l'envoi de missionnaires et un partage de ressources financières et de dons.

Le caractère singulier et complexe de la situation actuelle dans le monde et dans l'Église engendre une nouvelle vision de la mission et, par conséquent, de nouvelles façons de comprendre et de vivre l'animation missionnaire. Pour mieux saisir cette réalité et en voir les enjeux, le comité des Missions a procédé à une consultation auprès des services diocésains d'animation missionnaire, des instituts religieux missionnaires et d'organismes consacrés à la mission. Ils ont été invités à nommer des exemples significatifs d'animation missionnaire, à relever les nouveaux défis que soulèvent les temps actuels et à suggérer des activités neuves à réaliser dans l'optique de la coopération missionnaire. On trouvera le bilan de cette consultation en annexe II.

Les réponses obtenues présentent des convergences surprenantes et ouvrent des chemins d'avenir prometteurs. Les expériences d'animation missionnaire relatées sont l'expression d'un long enracinement dans la tradition missionnaire de notre Église et d'une fécondité créatrice.

Nous avons dégagé cinq traits majeurs qui expriment autant de défis pour l'animation missionnaire : les cinq sections de cette réflexion s'en inspirent. Ces défis font ressortir l'urgence de clarifier certaines notions et de « revisiter nos manières d'annoncer l'Évangile ». Les questions proposées à la fin de chaque section devraient favoriser une appropriation de ces défis.

Agents et agentes de pastorale, diacres, prêtres et évêques, personnes et groupes engagés en animation missionnaire, vous êtes invités à partager avec nous les fruits de la consultation. En solidarité avec toutes les Églises particulières d'Amérique, nous sommes conviés à déployer l'élan évangélisateur au-delà des frontières du continent. Une tâche immense nous attend.

Mus par le souffle de l'Esprit qui, depuis 2000 ans, entraîne les chrétiens à croître dans la dimension universelle de leur foi, puissions-nous, témoins audacieux de la Bonne Nouvelle, devenir des éveilleurs infatigables de la responsabilité missionnaire de toute l'Église!

† Mgr Gilles Lussier
Président du comité des Missions
de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec

1. La Bonne Nouvelle, un don à partager

L'Église est sacrement du salut
pour toute l'humanité
et son action ne se limite pas
à ceux qui acceptent son message.

Au coeur de la mission évangélisatrice, il y a Jésus, le ressuscité. Comme l'exprimait le thème de l'Assemblée synodale pour l'Amérique, la rencontre avec le Christ vivant est un chemin de conversion, de communion et de solidarité. Une telle rencontre bouleverse, fait naître la joie, devient mission. De même qu'il a été envoyé pour dire l'immense amour du Père à l'humanité, Jésus envoie toujours des messagers vers ses frères et ses soeurs : « Va dire à mes frères » (Jn 20,17). Voilà le premier défi posé à l'animation missionnaire : partager le don de la Bonne Nouvelle. Il faut donc réveiller chez les chrétiennes et les chrétiens la joie et la fierté de la foi, ce don merveilleux qui, une fois accueilli, conduit vers les autres et ce, même jusqu'au bout du monde.

Sur les routes de la vie quotidienne, nous croisons des personnes qui, revenant parfois de loin, éprouvent une grande soif spirituelle et nous obligent à nommer le Dieu de notre espérance. Le temps n'est pas à la panique mais à l'intuition de foi. Le Jubilé de l'an 2000, pour sa part, nous a appelés à un nouveau départ. Il nous a invités à rentrer dans notre héritage spirituel, à retrouver la joyeuse fierté de notre appartenance.

Dans un monde désespérément en quête de témoins véritables, comment réveiller chez les baptisés la joyeuse fierté de l'appartenance chrétienne pour qu'ils s'engagent allègrement à partager le don de la foi? Quand des témoins d'ici et d'ailleurs rappellent comment l'Évangile est annoncé, accueilli et vécu aux quatre coins du monde, ils font redécouvrir la dimension universelle de la foi en Jésus-Christ, Bonne Nouvelle faite chair pour le salut de l'humanité. Lorsque ces témoins racontent comment des hommes et des femmes, à la suite de Jésus et sous le souffle de l'Esprit, ont commencé des jardins de foi, de fraternité et de justice en terre d'Afrique, d'Asie, d'Océanie, d'Amérique, d'Europe et même chez nous, leurs récits fascinent.

Le Dieu en qui nous croyons est le Dieu de Jésus Christ : un Dieu missionnaire, un Dieu qui appelle et qui envoie. Croire en Lui, c'est adhérer à Jésus, le Christ, et marcher à sa suite, emportés par le Souffle qui fait de nous des disciples engagés au coeur du monde. Défi, fierté, grâce à partager, car « la foi s'affermit lorsqu'on la donne ».

Les chrétiens de chez nous sont appelés à être ces témoins dans un contexte de société marqué par le pluralisme, la diversité culturelle et religieuse. Le monde qui nous entoure commande le respect et une grande capacité de dialogue. Des missionnaires, un peu partout dans le monde, vivent la même exigence de rendre témoignage à l'Évangile sans esprit de propagande, d'imposition, de compétition. La foi ne s'impose pas. Mais à l'heure de la rencontre et du partage d'expériences, l'annonce de l'Évangile est un service d'un prix inestimable à rendre à l'humanité. Impossible de rester craintifs et timides : la Bonne Nouvelle est un don à partager. Proposer Jésus Christ à l'humanité est un hommage à la liberté et un respect de la vérité. Favoriser sa rencontre au coeur de la vie et dans l'histoire n'est pas un asservissement, mais un gain d'une inépuisable valeur.

Pour la réflexion et l'échange

Les deux tiers de l'humanité ne connaissent pas encore Jésus-Christ :

• Quelles pratiques d'animation missionnaire peuvent aider des chrétiens à retrouver la joyeuse fierté de leur foi, un don à partager?

• Comment l'animation missionnaire peut-elle susciter de nouvelles façons d'annoncer l'Évangile dans la culture actuelle?

2. L'annonce de l'Évangile et la pratique de la solidarité et de la justice

Je ne croirai pas que je n'ai pas à m'occuper
de ce qui arrive loin d'ici.
Je ne croirai pas que je puisse là-bas combattre l'oppression
si je tolère ici l'injustice. (Dom Helder Camara)

L'Église en Amérique « a su développer une conscience de la solidarité concrète entre les diverses communautés du continent et du monde entier, manifestant ainsi la fraternité qui doit caractériser les chrétiens en tout temps et en tout lieu. » L'animation missionnaire telle que vécue dans nos communautés chrétiennes a sûrement collaboré à promouvoir cette solidarité. Le souci de la dignité de la personne humaine et d'un avenir de justice dans le monde a suscité des gestes de partage d'une grande générosité.

L'engagement missionnaire va cependant beaucoup plus loin. Être chrétien dans le contexte du néolibéralisme et de la mondialisation, où les pays forment un village global, exige aujourd'hui de prendre parti en faveur des exclus. La Bonne Nouvelle de Jésus leur est particulièrement adressée, afin qu'elle soit réponse de Dieu au cri des pauvres, au cri des milliers d'êtres humains qui cherchent une raison d'espérer, une tendresse parce qu'ils sont à bout de force. L'animation missionnaire rencontre donc un deuxième défi : présenter l'annonce de l'Évangile et la pratique de la solidarité et de la justice dans un même élan et avec la même force.

Vatican II le rappelle, « l'activité missionnaire n'est rien d'autre, elle n'est rien de moins que la manifestation du dessein de Dieu, son épiphanie et sa réalisation dans le monde et son histoire. » Les animatrices et animateurs missionnaires ont à rappeler aux chrétiens l'urgence d'agir sur les rouages d'une économie où la loi du profit à tout prix crée une lutte sauvage et déshumanisante. Ils doivent présenter des alternatives qui, en transformant les règles du jeu, créent la civilisation de l'amour et donnent une chance à l'humanité.

Comme le propose Ecclesia in America, « en s'appuyant sur l'Évangile, il faut stimuler les organismes internationaux (...) pour que s'établisse un nouvel ordre économique dans lequel ne domine pas seulement le critère du profit, mais encore ceux de la recherche du bien commun national et international, de la distribution équitable des biens et de la promotion intégrale des peuples. » Il s'agit de « stimuler les gouvernements, les institutions et les organisations privées, afin qu'ils préparent un avenir conforme à la dignité de toute personne. » C'est un appel à « créer une authentique culture mondialisée de la solidarité » et à « collaborer par tous les moyens légitimes à la réduction des effets négatifs de la mondialisation. »

Les chrétiens ne seront pas les seuls à travailler à la création de cette nouvelle culture de coopération et de solidarité, car « le vent souffle où il veut : tu ne sais ni d'où il vient ni où il va » (Jn 3,8). Cette Parole de Jésus rappelle l'incroyable liberté de l'Esprit. Une multitude d'hommes et de femmes de bonne volonté, missionnaires et coopérants, croyants et non croyants, mettent leurs talents et leur vie au service des exclus de la société. Le Souffle est là et mobilise les énergies de tous les passionnés de la vie afin que naisse un monde nouveau et que grandisse le Règne de Dieu.

« Croire au Royaume, c'est croire à un dynamisme divin qui traverse l'histoire. L'Esprit est ainsi à l'oeuvre dans le coeur des humains, les invitant à vivre profondément leur vraie vocation humaine. On peut ainsi reconnaître la manifestation de l'Esprit dans tous les gestes en vue d'améliorer les conditions de vie des autres, dans les aspirations religieuses et enfin dans tout mouvement vers la vérité, la justice et l'amour. »

Pour la réflexion et l'échange

• Dans notre animation missionnaire, quels rapports établissons-nous entre l'annonce de l'Évangile et la pratique de la solidarité et de la justice sociale?

• Comment nos activités missionnaires prennent-elles parti en faveur des exclus de la société?

• De quelle manière développons-nous une « culture mondialisée de la solidarité » avec les missionnaires à l'étranger?

3. Une même mission, ici et ailleurs

Vous êtes le sel de la terre.
Si le sel perd sa saveur,
Comment redeviendra-t-il du sel?

Le mot mission exprime une dimension fondamentale de l'Évangile. À l'appel de Jésus : « viens et vois » (Jn 1,39) succède toujours un « va » (Jn 20,17) qui comporte un mouvement vers l'autre. La Bonne Nouvelle existe pour être partagée. Elle est révélation de l'amour de Dieu pour le monde, engagement de Dieu avec et pour le monde. Dieu sort de lui-même et se tourne vers l'humanité. Par amour, il envoie Jésus, l'Esprit, l'Église. Baptisés, nous avons été choisis pour participer à l'action de Dieu dans cet immense champ missionnaire qu'est le monde. L'Église est au service de la mission, elle est envoyée au monde pour signifier l'immense amour de Dieu à l'oeuvre dans l'humanité.

Cela ne se fait pas sans difficulté. Pour plusieurs d'entre nous, le mot mission a d'abord signifié partir vers des pays étrangers, partir du Nord vers le Sud, partir vers le Grand Nord canadien. La mission était ailleurs, dans un autre pays, dans une autre culture, ad extra. Puis, nous avons découvert que la mission est aussi ici, chez nous, dans notre pays, ad intra. Cette prise de conscience a créé des tensions énormes et a même provoqué parfois une certaine démission : si nous sommes ici en terre de mission, si nos besoins sont immenses et urgents, pourquoi partir ad extra, pourquoi nous préoccuper de ceux qui sont au loin?

En 1999, à Paraná (Argentine), lors du VIe Congrès missionnaire latino-américain qui était en même temps le premier congrès missionnaire de l'Amérique, on a répondu à cette difficulté. Aux 3,000 chrétiens réunis qui représentaient l'Amérique du Sud et du Nord, l'Amérique centrale et les Antilles, le slogan du Congrès a proclamé : América, con Cristo, sal de tu tierra, c'est-à-dire « Amérique, avec le Christ, sel de ta terre; Amérique, avec le Christ, sors de ta terre. » Un seul mot espagnol : sal, mais un mot qui contient à la fois le sens dynamique de la mission à vivre ici : « sel de ta terre » et l'appel à partir : « sors de ta terre ». Un seul mot sal, mais un mot évoquant le sens intégral de la mission puisque celle-ci implique cette tension continue entre l'ici et l'ailleurs, entre l'insertion dans une culture donnée pour y être témoin et l'invitation à sortir de son contexte culturel et religieux pour aller annoncer Jésus Christ.

Jean-Paul II, dans Redemptoris Missio, éclaire cette même réalité en distinguant trois situations où s'exerce l'unique mission de l'Église :

« La mission ad gentes ou l'activité missionnaire de l'Église faite auprès des peuples, des groupes humains, des contextes socioculturels dans lesquels le Christ et son Évangile ne sont pas connus, ou dans lesquels il n'y a pas de communautés chrétiennes assez mûres pour pouvoir incarner la foi dans leur milieu et l'annoncer à d'autres groupes.

« L'activité pastorale de l'Église qui s'exerce dans les communautés chrétiennes aux structures fortes et adaptées, à la foi et à la vie ferventes, qui rendent témoignage à l'Évangile de manière rayonnante dans leur milieu et qui prennent conscience du devoir de la mission universelle.

« La nouvelle évangélisation ou la ré-évangélisation qui correspond à une situation intermédiaire que l'on retrouve surtout dans les pays de vieille tradition chrétienne mais parfois aussi dans les Églises plus jeunes, où des groupes entiers de baptisés ont perdu le sens de la foi vivante et vont jusqu'à ne plus se reconnaître comme membres de l'Église, en menant une existence éloignée du Christ et de son Évangile. »

Trois situations concrètes et différentes, mais une seule et même mission à vivre ici et ailleurs, selon des modalités complémentaires et interdépendantes. Tenant compte de ce troisième défi, le meilleur service que l'animation missionnaire peut rendre aux communautés chrétiennes est sans doute d'affirmer l'unité de la mission tout en reconnaissant et en accentuant la tension que la réponse aux diverses situations provoque. L'impératif missionnaire : ici et ailleurs, est le critère de validité, un signe certain de maturité et de vitalité de l'Église. La tentation du repli sur soi est là. C'est pourtant en vivant la dimension universelle de la foi que chaque cellule d'Église garde son dynamisme. Comme le dit si bien Vatican II :

« La grâce du renouvellement ne peut croître dans les communautés à moins que chacune d'entre elles n'étende le rayon de sa charité jusqu'aux extrémités de la terre et qu'elle n'ait, pour ceux et celles qui sont loin, une sollicitude semblable à celle qu'elle a pour ses propres membres. »

Pour la réflexion et l'échange

• Les besoins d'évangélisation sont énormes dans nos différents milieux. Pourquoi l'animation missionnaire doit-elle continuer d'interpeller les baptisés :

• à la mission envers les personnes et les groupes qui ne connaissent pas l'Évangile (ad gentes)?

• à la mission ad extra, à l'étranger, dans une autre culture?

• à la mission dans notre milieu de vie (ad intra)?

• Par quels signes concrets reconnaissons-nous dans notre communauté chrétienne le dynamisme de la mission vécue ici et ailleurs?

4. De nouveaux acteurs de la mission

Alors j'entendis la voix du Seigneur qui disait :
« Qui enverrai-je? Qui ira pour nous? »
Et je dis : « Me voici, envoie-moi »

« Évangéliser est la grâce et la vocation propre de l'Église, son identité la plus profonde. » Chaque nouveau baptisé est un missionnaire en devenir. La prise de conscience de cette réalité a redonné aux laïques la place qui leur revient comme membres du peuple de Dieu. Leur première mission est au coeur des réalités temporelles. Ces laïques sont appelés à rendre des services diversifiés comprenant des responsabilités ecclésiales de plus en plus reconnues. Conscients de leur vocation de baptisés, ils enrichissent l'Église de dons variés et lui donnent un nouveau visage. Tout baptisé a comme première mission de porter la Bonne Nouvelle au monde.

Il n'est pas surprenant alors qu'au niveau de la mission à l'étranger, il y ait une émergence de nouveaux acteurs. Bien sûr, les membres des communautés religieuses d'hommes et de femmes qui partent pour l'annonce de la Bonne Nouvelle sont toujours présents; pour le Québec seulement, ils sont encore plus de 2,000 missionnaires oeuvrant dans tous les continents. Dans leurs groupes, il y a davantage de cheveux blancs que vers les années 50, mais leur engagement missionnaire demeure incontestable. À leurs côtés et très souvent associés aux communautés, les laïques (hommes et femmes, célibataires et couples, retraités et jeunes) prennent une place de plus en plus importante :

« De nombreux jeunes d'ici se mettent sur les routes du monde pour y vivre la solidarité, le dialogue des cultures, l'expérience de foi. Ils sont, à mon avis, les nouveaux missionnaires de ce temps, les prophètes d'un nouveau temps d'Évangile, d'une Église qui aime à la grandeur du monde. »

Le dynamisme de la mission a un effet rassembleur. Des personnes de tous les âges, de charismes et d'états de vie divers, réinventent ensemble un langage capable de dire la Bonne Nouvelle dans le monde d'aujourd'hui.

De plus, il y a une autre nouveauté : les missionnaires ne partent plus seulement du Nord vers le Sud; ils partent aussi des Églises du Sud pour annoncer l'Évangile dans des terres nouvelles. Ils viennent même chez nous. De fait, le dynamisme missionnaire des Églises d'Amérique, d'Asie et d'Afrique est aujourd'hui en plein essor. En donnant à partir de leur pauvreté, ces Églises apportent au monde et aux Églises de vieille chrétienté l'enthousiasme de leur jeunesse et la vivacité de leur foi.

« Dans notre mission d'évangélisation, nous du Sud, sommes pauvres de ressources matérielles mais nous sommes riches d'enthousiasme, de joie et d'espérance malgré les souffrances et les luttes à mener. C'est notre charisme et nous ne devons pas avoir peur de le manifester. »

Un quatrième défi donc, dans cette histoire missionnaire qui continue de s'écrire : l'accompagnement et le soutien des nouveaux acteurs de la mission. Interpellés par l'aspect universel de l'Évangile et désireux de vivre l'expérience missionnaire, qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs, ces nouveaux acteurs cherchent des espaces où prendre la parole et des lieux pour inventer des engagements nouveaux. Les cheminements sont souvent hors des sentiers battus.

Paroisses et diocèses, centres de formation et d'animation missionnaire trouvent ici un vaste chantier d'intervention. Plusieurs y collaborent déjà. Ils favorisent ainsi l'éveil de nouvelles vocations ad gentes, ils offrent l'accompagnement dont ces vocations ont besoin pour croître et des lieux d'accueil pour les missionnaires venus d'ailleurs. L'avenir invite à la créativité. Il y a des ponts à bâtir et des pas à faire pour soutenir de nouvelles expériences missionnaires qui seront à la fois des lieux d'évangélisation, d'engagement et de partage.

Pour la réflexion et l'échange

• Qu'est-ce que notre communauté chrétienne peut offrir pour susciter de nouveaux acteurs de la mission ici et ailleurs?

• Quel accompagnement?

• Quels chemins nouveaux?

• Quels projets?

• Nous avons accueilli de nombreux immigrants et des réfugiés. Leurs communautés chrétiennes possèdent pour la plupart un grand potentiel évangélisateur. Quelle place leur donnons-nous?

5. L'animation missionnaire, un élément clé de la pastorale

Ce qui me pousse à proclamer
l'urgence de l'évangélisation missionnaire,
c'est qu'elle constitue le premier service
que l'Église peut rendre à tout homme
et à l'humanité entière dans le monde actuel.

Jean-Paul II souhaite « que les Églises locales utilisent l'animation missionnaire comme élément clé de leur pastorale courante dans les paroisses, les associations et les groupes, surtout de jeunes. » Voilà le cinquième défi qui interpelle tout autant les personnes engagées dans l'action pastorale de l'Église que celles impliquées dans le service d'animation missionnaire. Qu'est-ce à dire?

Lorsque l'animation missionnaire promeut l'ouverture sans frontières pour l'annonce de la Bonne Nouvelle, elle aide les communautés chrétiennes à approfondir leur identité et à redécouvrir la tâche d'évangélisation qui leur est confiée dans le monde. Lorsqu'elle stimule la communion entre les Églises, une communion qui s'exprime dans la prière, le partage d'expériences, la réciprocité solidaire et le don des personnes, elle entraîne les forces ecclésiales à la tâche par excellence de l'annonce du Christ à tous les peuples. Cette tâche, qui commence chez soi, débouche sur l'universalité de l'horizon où tous donnent et reçoivent. La mission ad gentes se présente alors non seulement comme l'épanouissement de l'engagement pastoral mais comme un mouvement qui l'inspire et l'illumine.

Vivre l'animation missionnaire de cette façon invite à une conversion qui requiert une transformation des esprits et un dépassement des habitudes. C'est un appel à réviser les façons de faire et à les rénover si nécessaire avec la puissance de l'Esprit de la première Pentecôte. C'est pourquoi l'animation missionnaire, si elle est bien comprise, « doit aller au-delà d'un geste ponctuel comme une aide financière, un envoi ou une prédication missionnaire, un dimanche consacré aux missions. Elle est une pratique ecclésiale ouverte sur le monde, qui intègre l'annonce de l'Évangile et le développement des peuples. Elle amène à créer des liens de partage, de communion et de solidarité avec les peuples et avec leurs Églises locales. Elle puise son inspiration dans l'enseignement et la pratique de Jésus. Pour développer cette pratique, il y a des initiatives à poursuivre, des efforts à encourager, des concertations à établir, des révisions à faire, des orientations à considérer. »

L'ouverture à l'universalité de la mission rénove la vision de la pastorale d'ensemble autant que celle du service d'animation missionnaire. De même que l'Église cesse d'être Église si elle n'est pas missionnaire, de même la pastorale, privée de son caractère missionnaire, devient myope, sans perspective d'avenir, sans dynamisme vital. Cela exige des animatrices et des animateurs missionnaires une conscience ecclésiale affinée qui les rend capables d'entrer en communion avec les forces vives de la pastorale, non pour prendre la place des personnes qui sont là mais pour y rappeler, de façon continue, la dimension missionnaire essentielle à toute communauté chrétienne.

Pour la réflexion et l'échange

• L'animation missionnaire peut être perçue comme un dossier parmi d'autres, voire un enfant pauvre de la pastorale d'ensemble.

• Quelles sont nos suggestions pour que l'animation missionnaire soit réellement un élément clé de la pastorale d'ensemble?

• Que proposons-nous, tant au plan paroissial que diocésain, pour faciliter :

• l'ouverture à l'universel?

• l'éveil des vocations ad gentes?

• la coopération solidaire à l'évangélisation?

 

Conclusion

Se faire les « veilleurs du matin » (Is, 21)
en cette aurore du nouveau millénaire.

À une époque où nous vivons tant de passages, les communautés chrétiennes ont encore de nombreux défis à relever pour vivre leur engagement chrétien dans la société et dans l'Église actuelle. La mission ou l'annonce de la Bonne Nouvelle est devenue prioritaire et même urgente, selon le mot de Jean-Paul II.

L'action missionnaire doit avoir une force d'attraction et de persuasion auprès de toutes les personnes appelées à être évangélisées. C'est le rôle des services d'animation missionnaire de donner le goût aux femmes et aux hommes de notre temps d'être de nouveaux acteurs au service de la mission tant ici qu'à l'étranger.

Puisse l'animation missionnaire telle que vécue dans nos communautés « susciter dans l'Église un nouvel esprit missionnaire, qui ne saurait être réservé à un groupe de spécialistes mais qui devra engager la responsabilité de tous les membres du peuple de Dieu. Celui qui a vraiment rencontré le Christ ne peut le garder pour lui-même, il doit l'annoncer. Il faut un nouvel élan apostolique qui soit vécu comme un engagement quotidien des communautés et des groupes chrétiens. »

Fiers et joyeux de la Bonne Nouvelle qui nous habite, notre tâche est d'éveiller dans le coeur des chrétiens le désir de franchir les frontières et de se rendre là, où peut-être sans le savoir, des gens espèrent l'Évangile. Affamés et assoiffés de justice, nous avons à susciter la coopération pour la construction d'un monde de fraternité, de solidarité et de partage, un monde sans frontières où tous sont frères et soeurs, enfants bien-aimés d'un même Père.

Le Souffle de Pentecôte est force de Dieu. Il secoue la maison et propulse au dehors, un dehors qui est parfois à deux pas de chez soi, parfois à l'extrémité du monde. Ici ou là-bas, l'appel à une même mission engage des personnes de tous âges, nationalités, états de vie. Ensemble, même en temps d'appauvrissement, de pénurie, de fermeture, de restructuration, les baptisés témoignent du Christ vivant et restent ouverts à l'activité missionnaire envers les peuples. Les projets pastoraux, inspirés par la nouvelle évangélisation, expriment cette vitalité. Ils portent courageusement la responsabilité de l'annonce de la Bonne Nouvelle en cet aujourd'hui de Dieu : « Allez, de toutes les nations faites des disciples ». (Mt 28,19)

Comme nous y invite Jean-Paul II dans sa lettre apostolique Au début du nouveau millénaire, nous devons maintenant regarder devant nous, avancer au large, courir vers nos frères et soeurs leur communiquer la grande nouvelle : « Nous avons vu le Seigneur ». « Après l'enthousiasme du Jubilé, nous ne retrouvons pas la grisaille du quotidien. Au contraire, si notre pèlerinage a été authentique, il nous a comme dérouillé les jambes pour le chemin qui nous attend. »

Bonne route vers les horizons nouveaux de la mission!

Annexe I

L'Église et la mission
Lettre encyclique Redemptoris Missio

La consultation a fait ressortir l'importance de lire et d'étudier l'encyclique Redemptoris Missio, un des plus beaux textes offert par Jean-Paul II aux communautés chrétiennes « sur la valeur permanente du précepte missionnaire » (décembre 1990). Voici une présentation de l'encyclique.

Introduction

Le pape annonce qu'à la suite de l'apôtre Paul, il ressent l'impérieux devoir de proclamer Jésus Christ par toute la terre. D'où l'urgence de l'activité missionnaire, de l'évangélisation missionnaire à toute l'humanité. Le pape insiste sur la dimension universelle de la mission qui est d'ordre interne dans le renouvellement de la foi et qui devrait être inscrite dans la pastorale ordinaire des Églises locales.

L'enracinement trinitaire de la mission

Les trois premiers chapitres décrivent l'enracinement trinitaire de l'engagement missionnaire. Ils sont consacrés à Jésus-Christ, au Règne de Dieu et à l'Esprit Saint.

Jésus Christ, l'unique Sauveur (chap. I). Parmi les points saillants, le pape réaffirme que pour la foi chrétienne, Jésus Christ est l'unique Sauveur de toute l'humanité. Aujourd'hui, dit-il, la tentation existe « de réduire le christianisme à une sagesse purement humaine. » C'est pourquoi l'urgence de la mission concerne l'humanité entière. Si le salut est offert à tous, « nous ne pouvons nous taire » (4-11).

Le Royaume de Dieu (chap. II). Particulièrement inspirant pour l'animation missionnaire, ce chapitre apporte un éclairage biblique sur la réalité du Règne de Dieu (12,13).

Le pape décrit ensuite les caractéristiques et exigences du Royaume, en insistant sur l'action de Jésus auprès des rejetés, des méprisés, des pauvres. Il souligne que « la libération et le salut qu'apporte le Royaume de Dieu atteignent la personne humaine dans ses aspects physiques et spirituels (14). Le Royaume doit transformer les rapports entre les humains et les amener progressivement à se pardonner et à se mettre au service des uns et des autres (15).

Le Règne de Dieu s'adresse à tous. L'Église est une force dynamique sur le chemin de l'humanité vers Dieu. Sa responsabilité missionnaire concerne aussi toutes les personnes qui n'adhèrent pas à son message. Ainsi, « l'Église contribue à ce chemin de conversion au projet de Dieu par son témoignage et par ses activités, comme le dialogue, la promotion humaine, l'engagement pour la justice et la paix, l'éducation et le soin des malades, l'assistance aux pauvres et aux petits, s'en tenant toujours fermement au primat de la transcendance et de la spiritualité, prémices du salut eschatologique » (20).

L'Esprit Saint, protagoniste de la mission (chap. III). L'Esprit Saint est le protagoniste de toute la mission ecclésiale, et surtout de la mission ad gentes (no 21). Tout ce chapitre est consacré aux fondements bibliques de la mission, d'une manière renouvelée et dans un langage clair et concret. Le pape traite de l'envoi en mission. L'Esprit guide la mission et rend toute l'Église missionnaire (26, 27). Il est présent et agissant en tout temps et en tout lieu (28). Le pape conclut ce chapitre en affirmant que l'action missionnaire n'en est qu'à ses débuts (30).

Les divers aspects de la mission

Les cinq derniers chapitres sont consacrés à la mission proprement dite. Ce qui est frappant dans cette partie importante de l'encyclique, c'est la conscience qu'a le pape de la réalité missionnaire à partir de la situation du monde et des profonds changements culturels des sociétés modernes.

Les horizons de la mission (chap. IV). Ce chapitre souligne que, malgré la situation actuelle du monde, la mission ad gentes garde toute sa valeur et qu'elle s'adresse à tous les peuples (31-40).

Les voies de la mission (chap. V). La première forme de témoignage est la vie même du missionnaire, de la famille chrétienne et de la communauté ecclésiale (42, 43). La mission est un appel à la conversion (44-48). Comme « tout le mystère de l'Église est contenu dans chaque Église particulière », le pape insiste sur la responsabilité première des Églises locales dans la réalisation de la mission. Il souligne ensuite le rôle des communautés ecclésiales de base et la nécessité d'incarner l'Évangile dans la culture des peuples (48-54). Le pape traite aussi du dialogue avec les frères des autres religions (55-57). Il souligne l'importance de l'éducation des consciences (58,59) et termine par la charité, source et critère de la mission (60).

Les responsables et les agents de la pastorale missionnaire (chap. VI). La première responsabilité de la mission incombe au collège des évêques (63,64). Puis, les agents de pastorale missionnaire, les personnes et les institutions orientées vers le travail missionnaire occupent une place d'une importance fondamentale (65,66). Ensuite, les prêtres diocésains sont appelés à partager la responsabilité de la mission universelle (67,68). Le pape souligne ensuite que les Instituts de vie consacrée mettent en évidence la fécondité missionnaire de la consécration (69,70) et que tous les laïcs sont missionnaires en vertu de leur baptême (71,72). Le chapitre se termine par l'activité des catéchistes et des ministères (73,74) et celle des organismes internationaux et des autres structures de l'activité missionnaire (75,76).

La coopération à l'activité missionnaire (chap. VII). Outre la prière et les offrandes personnelles, il existe des formes nouvelles qui comportent non seulement l'aide économique mais aussi la participation directe (82). Le pape traite de l'importance de l'animation et de la formation missionnaires du peuple de Dieu (83) et de la responsabilité première des Oeuvres pontificales missionnaires (84).

La spiritualité missionnaire (chap. VIII). Cette spiritualité s'exprime avant tout par une pleine docilité à l'Esprit Saint (87). La communion intime avec le Christ est aussi un élément important de la spiritualité missionnaire (88). Il importe d'aimer l'Église et les humains de la manière dont Jésus les a aimés (89) et de devenir saint, car c'est là la vocation du véritable missionnaire (90,91).

Conclusion

En jetant un regard vers l'avenir, Jean-Paul II écrit :
« Je vois se lever l'aube d'une nouvelle ère missionnaire qui deviendra un jour radieux et riche de fruits si tous les chrétiens, et en particulier les missionnaires et les jeunes Églises, répondent avec générosité et sainteté aux appels et aux défis de notre temps » (92).

Annexe II

Bilan de la consultation sur l'animation missionnaire

Dans le but de préparer un message qui réponde aux besoins et aux attentes des personnes engagées dans l'animation missionnaire, le comité des Missions a procédé à une consultation auprès des diocèses du Québec, d'instituts religieux et d'organismes.

Le comité des Missions leur a posé trois questions :

1 Pourriez-vous écrire un ou des exemples significatifs d'animation missionnaire?

2 Pourriez-vous inscrire les nouveaux défis que rencontre l'animation missionnaire?

3 Est-ce qu'il y aurait une action neuve à entreprendre ou un geste qui pourrait incarner la coopération missionnaire?

Dix-sept groupes ont répondu :

• Services diocésains de pastorale missionnaire : Amos, Baie-Comeau, Chicoutimi, Joliette, Nicolet, Québec, Saint-Jean-Longueuil, Moosonee et Inter-Montréal;

• Instituts Missionnaires : Soeurs Missionnaires Notre-Dame d'Afrique, Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, Soeurs Missionnaires de Notre-Dame-des-Anges, Soeurs Missionnaires du Christ-Roi, Société des Missions-Etrangères, Missionnaires d'Afrique (Pères Blancs);

• Organismes : Bureau pour l'évangélisation des peuples de la CECC et Missio Canada.

Expériences d'animation missionnaire

1. Visite missionnaire

La visite missionnaire est intégrée à la pastorale d'ensemble d'un diocèse. Cette activité fait partie de notre histoire comme peuple chrétien, ouvert et accueillant; elle exprime des attentes et ouvre des portes à une compréhension renouvelée de la mission. Les missionnaires peuvent être âgés de 30 à 75 ans. Ils sont laïques, prêtres ou religieuses et ils ont vécu la mission au pays ou ailleurs. Quel que soit leur statut dans l'Église et leur champ d'expérience, ils prennent la route et visitent : des écoles primaires et secondaires, des résidences de personnes âgées, des paroisses, des petits groupes de partage. Dans l'intimité ou sur la place publique, à la télévision ou à la radio communautaire, ils sont là. Homélie, repas-partage, retraite, session, soirée culturelle, sont quelques-uns des moyens utilisés pour témoigner de Jésus Christ, favoriser l'ouverture des coeurs, inviter à la solidarité et susciter la responsabilité missionnaire de chaque chrétien. Dans certaines maisons de religieuses, ce sont des élèves des écoles primaires et leurs professeurs qui viennent visiter les missionnaires.

Une forme de visite bien particulière est soulignée dans les rapports : celle qui se réalise par les revues missionnaires. De façon discrète et continue, elles pénètrent dans les foyers et rejoignent des milliers de personnes. On sent la préoccupation de soigner la présentation et le contenu de ces revues qui rendent visible, au quotidien, l'Église universelle et suscitent un grand courant d'information, de formation et de coopération missionnaire.

On signale aussi avec joie la création de sites WEB. À l'heure de la haute technologie et des communications modernes, les responsables de l'avenir missionnaire se rendent présents dans ce nouvel aréopage.

2. Projets pilotes d'animation missionnaire

Les mots « restructuration » et « réaménagement » sont à l'ordre du jour dans la majorité des diocèses. C'est en tenant compte de ces réalités et de leur charisme missionnaire que des groupes relatent des « projets-pilotes d'animation missionnaire ».

Que le projet s'étende sur quelques semaines, quelques mois ou quelques années, des missionnaires, en collaboration avec une équipe pastorale, apportent leur aide dans un milieu pour :

3. Envoi missionnaire dans sa nouveauté

Les réponses à la consultation signalent que les envois missionnaires étaient presque devenus pratique courante dans les diocèses. On note toutefois qu'un tournant est en train de se vivre dans la conscience chrétienne : chacun est porteur d'une mission par l'engagement de son baptême. Que cette mission se réalise dans sa paroisse, son pays ou dans un pays étranger, c'est la même mission; le lieu seul diffère. L'envoi missionnaire ne concerne donc plus exclusivement les missionnaires qui partent à l'étranger. Il tient compte autant des missionnaires envoyés auprès des jeunes et des « recommençants » que des personnes engagées dans les secteurs de la pastorale diocésaine. Les réponses permettent de noter aussi que l'Église au Québec n'est plus uniquement celle qui envoie; elle est aussi celle qui accueille.

4. Émergence des laïques missionnaires

De plus en plus de laïques vont vivre des expériences missionnaires ad extra. Ils participent à des programmes de formation missionnaire en vue d'une éventuelle coopération à l'étranger, fondée sur des valeurs évangéliques de justice et de solidarité. D'autres, encore étudiants du Secondaire ou de l'université, vont faire de courts stages missionnaires. Ils reviennent au pays marqués pour toujours parleur expérience. Enfin, des membres associés à des communautés religieuses participent à la mission et à la spiritualité de différents instituts missionnaires. « Le laïcat missionnaire est devenu une réalité incontournable qui demande soutien, accompagnement, encouragement. »

5. Partage d'une communauté à l'autre

Dans les lieux où les missionnaires oeuvrent à l'étranger, le partage apparaît comme un inter-échange plein de vie. Conscients qu'aucune Église n'a en elle-même toute la vérité, ni toute la bonne façon d'évangéliser, ni la capacité de s'arranger toute seule, ni la solution à tous ses problèmes, les missionnaires vivent le partage dans une perspective d'échange de communauté à communauté, plus que dans une relation de pays riche à pays pauvre.

« Les gens cherchaient un moyen de vivre une expérience missionnaire signifiante et satisfaisante. Nous voulions vivre une ouverture à une autre façon de faire Église. Comme nous ressentons de plus en plus les effets de la diminution des prêtres, nous voulions savoir comment s'organisent les paroisses dans les pays de mission où il y a peu de prêtres. Par ce partage, nous voulions non seulement partager des richesses matérielles mais surtout des richesses spirituelles. Quelle place occupent les laïcs? Qui sont les délégués de la Parole dont on entend si souvent parler? Que font-ils? En quoi cela pourrait-il nous inspirer ici au Québec? »

Vivre ainsi le partage permet d'entrer dans une dynamique ecclésiale, solidaire et fraternelle, où chacun donne et reçoit.

Des organismes qui ont du Souffle

1. Instituts missionnaires

Les Instituts et Sociétés missionnaires ainsi que les communautés religieuses qui ont une dimension missionnaire manifestent clairement dans nos milieux « le caractère absolu de l'engagement au service de l'évangélisation ». L'activité et l'animation missionnaire qu'ils réalisent, grâce à l'engagement à vie de leurs membres, inspirent toujours des élans nouveaux et audacieux.

2. Les Oeuvres pontificales missionnaires

La consultation souligne le travail réalisé par l'organisme Missio Canada, nouveau nom de l'Oeuvre pontificale de la propagation de la foi. Son service motive un vaste courant de communion entre les Églises soeurs et favorise la coopération missionnaire sous différentes formes. L'animation qui entoure la célébration du Dimanche missionnaire mondial est fortement appréciée, ainsi que les publications sur la réflexion missionnaire.

Intimement liée à Missio Canada en ayant des caractéristiques similaires, l'Oeuvre de Saint-Pierre-Apôtre apporte une contribution importante dans la promotion d'un clergé local. Ce sont des milliers de futurs prêtres, religieux et religieuses qui bénéficient de ce partage universel afin que Jésus Christ soit connu et aimé, et que sa parole « Allez, faites des disciples... » (Mt 28,19) soit mise en pratique.

Mond'ami existe dans presque tous les milieux rejoints par la consultation. L'organisme propose aux enfants du primaire l'ouverture sur le monde, l'engagement solidaire et la coopération à des projets de développement dans des pays moins favorisés. Attentif aux grands changements de la société, Mond'Ami cherche à répondre aux besoins des différents acteurs du monde scolaire et paroissial. Son dossier d'animation, utilisé dans plus de 1,000 écoles primaires francophones, appuie la démarche des petits groupes d'appartenance et propose les valeurs évangéliques. Ses publications sont d'excellents outils pédagogiques offerts aux enseignantes et enseignants, aux animatrices et animateurs de pastorale, aux parents et aux enfants.

Dans 26 régions du Canada français on retrouve Jeunesse du monde. Des jeunes responsables, solidaires, ouverts et informés travaillent pour la paix, la justice, le respect des droits humains, la lutte au racisme et la protection de l'environnement. Avec la force de l'Évangile, ils clament en ce début du millénaire : Osons bâtir un monde branché sur l'espoir.

3. Centres de formation missionnaire

La consultation laisse percevoir l'apport important de certains centres ou organismes : l'Entraide Missionnaire, le Département des sciences et de la mission à l'Université Saint-Paul (Ottawa), Agapè-mission, le Centre Intercommunautaire de formation missionnaire, le Centre Saint-Pierre. Ce réseau de groupes et de communautés contribuent largement à orienter la réflexion et la pratique missionnaires.

4. Mission chez nous

Mission chez nous exprime l'effort consenti par les diocèses du Québec pour la prise en charge des territoires des missions du Grand Nord canadien. L'organisme contribue à raffermir le partenariat entre les communautés chrétiennes. Les activités-bénéfices organisées par les diocèses rapprochent les croyants des préoccupations véritables des Amérindiens et des Inuit. Il s'ouvre ainsi de nouvelles voies de dialogue et de compréhension entre les cultures.

5. Organismes de coopération

Les intervenants en animation missionnaire se sentent concernés par une dure réalité : des millions d'êtres humains vivent dans la pauvreté. Pour les soutenir dans leurs activités missionnaires, de nombreux organismes tissent un magnifique réseau de solidarité : Développement et Paix, CECI, Club 2/3, ACAT, Terre sans frontières, Les Oeuvres du Cardinal Léger, la Fondation Roncalli. Ces organismes, ainsi que plusieurs autres, sensibilisent la population aux conditions de vie difficiles des nations les plus pauvres, font prendre conscience des responsabilités qui sont les nôtres et sollicitent des engagements concrets afin de soutenir l'espoir de milliers d'êtres humains. C'est un appel à poser des gestes significatifs d'entraide et à vivre l'utopie chrétienne dans un sain réalisme.

Dépôt légal, 2e trimestre 2001
Bibliothèque Nationale du Québec

ISBN 2-89279-072-7

Liens

AQOCI

Coordonnées des organismes membres de l'AQOCI

Missio Canada

Mond'Ami-Oeuvre pontificale de l'enfance missionnaire Courriel : info@mondami.ca

Centre de ressources sur la non-violence/Projet Accompagnement Québec-Guatemala, Courriel : paquando@web.net