AECQ : La Bible, nouvelle traduction

La Bible, nouvelle traduction

Le Comité de théologie
de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec
Note théologique et pastorale no 1
4 juin 2002

La Bible, nouvelle traductiobnIl faut saluer avec reconnaissance la parution de cette nouvelle Bible. Chaque nouvelle traduction se veut habituellement un enrichissement du patrimoine de l'expression de la foi en la Parole de Dieu. Celle que nous offrent les Éditions Bayard et Médiaspaul constitue en plus un apport soigné de l'expression littéraire de ces textes anciens écrits en d'autres langues.
 
La Bible, nouvelle traduction, se présente d'abord comme le fruit du travail conjoint d'exégètes et d'écrivains. Un spécialiste des textes sacrés (l'exégète) et un spécialiste de littérature française (l'écrivain) ont été jumelés pour la traduction de chacun des soixante et treize livres de la bible, laissant à ces deux personnes le soin de traduire chaque livre comme une oeuvre littéraire autonome. Tout en assurant la fidélité au texte sacré, l'expression française a été considérablement renouvelée.
 
La Bible, nouvelle traduction, pourrait être qualifiée de « bible de lecture » : les concepteurs ont voulu accorder la priorité au texte, avec une disposition graphique bien centrée sur une seule colonne; les notes sont renvoyées à la fin de l'ouvrage; même la mention des chapitres et versets a été retirée du texte et placée dans la marge. Cette bible ne peut cependant pas remplacer une bible d'étude, telle la Bible de Jérusalem ou la Traduction oecuménique de la Bible (TOB) qui offrent beaucoup plus de notes et de références marginales.
 
Lorsque le lecteur aborde une nouvelle traduction, il le fait habituellement par rapport à la traduction qu'il connaît le plus, en l'occurrence la traduction liturgique entendue régulièrement dans les célébrations. Il est certain que le choix de certaines expressions littéraires pourra surprendre. Mais n'oublions pas que l'on a voulu produire quelque chose de neuf, en français contemporain, et que l'accent n'a pas été mis sur la proclamation du texte. En ce sens, cette bible ne peut pas remplacer la version officielle de la liturgie.
 
S'agit-il d'une bible fidèle aux textes sacrés? Oui, les exégètes ont pris en compte cet aspect. Les lexiques, notes et introductions justifient cette fidélité. Tout cet appareil critique se trouve à la fin du volume et totalise plus de 450 pages. Si on s'y réfère, on en tire un grand profit.
 
Bien située dans son contexte éditorial, cette bible a bien sa place au côté des autres traductions que nous connaissons. Sa lecture peut nourrir la foi, et, tout en renouvelant la compréhension des textes sacrés, satisfaire notre plaisir littéraire. Tenant compte de ce qui précède, le Comité de théologie ne peut qu'en recommander la lecture.

Pour aller plus loin

La Bible, nouvelle traduction, sous la direction de Frédéric Boyer, Jean-Pierre Prévost, Marc Sevin, en collaboration avec 27 exégètes et 20 écrivains, Paris/Montréal, Bayard/Médiaspaul, 2001, 3200 pages.

Recensions

Marcel Dumais, « Un regard sur la Nouvelle Traduction de la Bible », Prêtre et Pasteur, février 2002, pp.113-120.

Michel Gourgues, « La Bible mieux écrite que jamais », Présence magazine, décembre 2001, p. 37.

Article « Dieu reconnaîtra les siens » Libération, 6 septembre 2001, cité par Philippe Mabiala dans Saviez-vous que..., Bulletin d'information, Église de Gatineau-Hull, septembre-octobre 2001, vol. 31 no 3, p. 16.

Jean-Louis D'Aragon, « Nouveauté qui fascine...et dérange », Parabole, novembre-décembre 2001, p. 18.

Yves Guillemette, « La Bible, nouvelle traduction », Vivre en Église, diocèse de Montréal, 5 novembre 2001, no 17, p. 443.