AECQ : Cultures familiales et culture de la famille

Cultures familiales et culture de la famille

Le Comité du laïcat
de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec
10 mai 2005

Les crêpes du dimanche matin. Les batailles d'oreillers dans le lit des parents. L'album de photos feuilleté en famille chaque veille du Nouvel An. La chandelle allumée à table quand tous les membres de la famille y sont réunis. Guimauves et chansons autour d'un feu de camp. Une fleur offerte aux anniversaires. Les soirées pyjama et chocolat chaud.

Des moments ou des rites de ce type ponctuent la vie de chaque famille. Ils manifestent l'importance accordée par les parents et les enfants aux événements petits et grands et aux passages marquants de leur route ensemble. Ils constituent la culture d'une famille et témoignent de ses valeurs. C'est avec cette culture en héritage que chaque personne grandit. Les enfants devenus adultes fondent une famille à leur tour, ils unissent alors leurs cultures familiales distinctes et en créent une nouvelle. La famille est un formidable mariage de cultures et de recréation d'identité.

Dans le quotidien des familles où tant de pirouettes sont nécessaires pour conjuguer le travail, les responsabilités parentales et les exigences de la réussite scolaire, ces moments intenses et heureux redonnent du sens à l'ordinaire, alimentent l'essentiel, soudent les relations avant qu'elles ne soient à nouveau dispersées. Lorsque les artistes et les institutions culturelles offrent aux familles de vivre ensemble une sortie, un agréable divertissement, une occasion de partage, ils nourrissent l'identité culturelle et affective des familles. Les communautés chrétiennes, pour leur part, par leurs solidarités avec les familles, par leurs rassemblements, leurs fêtes et leurs liturgies, par leurs rites et sacrements (pensons au baptême, mariage, funérailles) oeuvrent elles aussi dans le même sens.

Si les rites et pratiques de chaque famille font sa culture, nos choix sociaux à l'égard de la famille, le regard que nous portons sur elle et le soutien que nous accordons aux plus souffrantes, témoignent de notre culture de la famille. Le bonheur en société ne peut se faire sans celui de la famille. Nos investissements en éducation, dans l'emploi, dans les arts et loisirs et nos politiques sociales ont tous une incidence sur la famille, le coeur même de l'identité des individus et de la communauté. Tous les groupes sociaux, les organismes, les institutions, les individus qui ont à coeur le bonheur des familles peuvent compter sur l'engagement de la communauté des croyantes et des croyants à leurs côtés.

Croire aux familles, même dans ce qu'elles ont de plus fragile, c'est avoir foi en ce que nous sommes invités à devenir. Investir ensemble en faveur d'une culture familiale, c'est accorder aux familles tout le soutien dont elles ont besoin pour devenir un lieu épanouissant pour la vie entière.

Texte publié dans Propos de familles, SQF, p. 33.