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Message de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec à l’occasion de la canonisation
de François de Laval
et de Marie de l’Incarnation | Version PDF

3 avril 2014

C'est avec beaucoup d'émotion que nous avons appris la canonisation par le pape François de Marie Guyart, fondatrice du monastère des Ursulines de Québec, — mieux connue sous le nom de Marie de l'Incarnation — et de François de Laval, fondateur du Séminaire de Québec et premier évêque de Québec, et de ce fait évêque de tous les territoires d'Amérique situés au nord des colonies espagnoles.

Eux qui avaient été béatifiés en même temps par Jean-Paul II, le 22 juin 1980, seront désormais invoqués comme sainte et saint et pourront être honorés dans la liturgie partout dans le monde. Cela signifie que l'Église reconnaît, par le ministère du pape François, que leur vie et leur enseignement, leur foi et leur engagement font de ces deux figures monumentales de l'histoire du Québec — et des débuts de l'Église en Amérique du Nord — des modèles et des sources d'inspiration pour les chrétiens et chrétiennes de tous les temps et de toutes les cultures.

De Monseigneur de Laval, qu'elle a pu connaître à Québec de 1659 à 1672, Marie de l'Incarnation a écrit : « C'est bien l'homme du monde le plus austère et le plus détaché des biens de ce monde. Il donne tout et vit en pauvre, et l'on peut dire avec vérité qu'il a l'esprit de pauvreté. » Voilà un portrait qui convient magnifiquement au prénom de François et qui illustre fort bien l'invitation pressante que cet autre François, le pape actuel, nous lance sans cesse d'aller « aux périphéries » rejoindre les pauvres et les malades, les plus démunis et les plus délaissés.

Mère Marie de l'Incarnation, quant à elle, a été qualifiée par Bossuet, son contemporain, de « Thérèse de la Nouvelle-France ». En la comparant à cette autre immense figure de la spiritualité chrétienne qu'a été sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) – première femme à recevoir le titre de docteur de l'Église, en 1970 –, le célèbre évêque de Meaux attestait ainsi de la grande qualité mystique de la vie et de l'oeuvre de Marie Guyart.

Il est impossible de faire référence à Mère Marie de l’Incarnation et à Monseigneur de Laval sans souligner l’apport inédit qu’eux-mêmes, ainsi que les femmes et les hommes qui ont marché dans leurs traces, ont donné à l’éducation dès les débuts de la colonie française et tout au long de l'histoire du Québec.

Nous accueillons comme une grâce du Seigneur le fait que ces canonisations surviennent pendant le jubilé du 350e anniversaire de la création de la paroisse Notre-Dame de Québec. Après le don d'une Porte Sainte pour la basilique cathédrale de Québec et l'accession de l'archevêque de Québec, Mgr Gérald Cyprien Lacroix, au collège des cardinaux, le pape François, en choisissant de procéder maintenant à ces canonisations, fait preuve d'un attachement à l’Église d’ici qui nous touche profondément. Il nous propose ainsi une voie de croissance spirituelle faite d'humilité, d’espérance et de don de soi à tous ceux et celles qui sont dans le besoin.

Nombreux seront les pèlerins qui franchiront cette année la Porte Sainte pour venir se recueillir près du tombeau de saint François de Laval, dans la cathédrale de Québec, et se rendront près de celui de sainte Marie de l'Incarnation, dans la chapelle du monastère des Ursulines. Puissions-nous, par l'intercession de ces deux nouveaux saints, grandir dans la foi, la paix et la joie.

Sainte Marie de l'Incarnation, priez pour nous.
Saint François de Laval — saint François de Québec —, priez pour nous.

+ Pierre-André Fournier
archevêque de Rimouski
président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec