AECQ : Session d'étude sur les ministères

Mot de la fin

Mgr Eugène Tremblay

À la fin d'une session, on espère - sans le dire - que la dernière intervention sera brève. Je vais essayer d'être fidèle à la tradition.

1. La lecture que je fais de la session (avec une approche psychologique)

J'ai vu les ministères de notre Église défiler depuis 25 ans. Ils ont effectué des passages. C'est la lecture que j'en fais.

1.1 Passage à l'enfance - les départs dans une structure encadrante - les règlements qui priment sur la liberté et sur l'initiative. La définition du bien et du mal qui est dictée de l'extérieur (comme chez un enfant).

J'ai revu la vie des ministères à l'âge de 3 ans qui disent « non », mais à qui on doit imposer une structure sécuritaire. Elle était nécessaire pour l'apprentissage d'une bonne voie à suivre.

1.2 Passage à l'adolescence - c'est l'âge de la confrontation - on veut avoir les pouvoirs et les libertés des plus âgés. On cherche son identité à travers la démesure de son corps. Suis-je un ministère? - homo? - hétéro? ou les deux?

C'est aussi le rejet de l'Église-institution : « je suis assez grande... assez grand pour savoir ce que je veux, ce dont j'ai besoin ». C'est la remise en question (qui semble éternelle pour l'entourage). Je veux les responsabilités d'adulte avec le goût d'être sauveur; mais j'ai encore des peurs d'enfant, des insécurités. Cependant, je continue à me chercher des points d'appui, des points de repère à travers des questions - de grandes discussions théoriques... à travers la définition des statuts.

Pendant ce temps, les parents (la hiérarchie - les évêques) sont toujours là avec leurs inquiétudes et leur peur que je me fasse mal. Pour eux, mes initiatives sont des imprudences. Mais pourtant je veux être bien, et je cherche des appuis solides tout en sentant que ceux des parents (ou de l'Église-institution) ne sont pas tout à fait adaptés aux ministères à créer pour mon époque - mais que voulez-vous, en moi est encore ce relan d'insécurité enfantine. Beaucoup de questions m'assaillent à l'adolescence. Ne devrais-je pas faire alliance ou cohabiter avec quelqu'un d'autre? Ou encore faire route avec un inconnu qui acceptera peut-être de partager avec moi. Ce sera une personne - une communauté - une équipe qui acceptera mes questions - mes insécurités pour me faire grandir.

Oui, pendant cette session, j'ai vu ces ministères de notre Église qui veulent sortir de l'adolescence. Toute cette vie adolescente de notre Église est belle. Elle est questionnante - parfois insécurisante, mais toujours en démarche vers la vie adulte - vers Pâques.

2. Ce que je retiens

J'ai pris conscience des racines de notre foi fondée sur la parole de Dieu. C'est ce qui va désormais recentrer toute mon action dans le ministère qui m'est confié.

Je réalise toute la vitalité de l'adolescence qui est nôtre, mais en même temps je touche à la fragilité qui m'habite. Si je reconnais et accepte cette fragilité (qui sait?), elle conduira peut-être à la confiance en l'étranger - en la personne qui accepte de marcher avec moi. (L'expérience spirituelle d'Emmaüs m'est offerte).

Je retiens que Jésus est là dans ma démarche ministérielle.

Je retiens aussi qu'il y a sur la route beaucoup de disciples d'Emmaüs qui attendent (sans le savoir) une Parole qui va donner sens à leur histoire que nous acceptons d'écouter.

3. Mes souhaits

3.1 Je souhaite que chacun(e) de vous ait le goût de sortir son ministère de l'adolescence. Ce n'est que lorsqu'il deviendra adulte qu'il pourra transmettre la vie - indiquer à d'autres la voie (faire des disciples) et dire la vérité dont notre Église a tant besoin.

Pour cela, il faut passer

Je crois que pendant cette session nous avons fait un bon pas en ce sens.

3.2 Je souhaite que l'équipe organisatrice de cette session réalise qu'elle a été par ses intervenant(e)s, par son animation « Parole ». Merci de cette Parole.

3.3 Je souhaite que des possibles soient confrontés aux besoins actuels.

3.4 Le Comité des ministères se souhaite de vous aider à réaliser notre belle et grande mission - à travers le ministère qui vous est confié.

Merci d'avoir été là avec ce que vous êtes, sur le chemin d'Emmaüs, jouant tantôt le rôle de disciple, tantôt celui de Jésus, mais marchant toujours pour annoncer une Bonne Nouvelle.

« Bon retour à Jérusalem »